L’Huile d’Argan : à la recherche de l’or berbère.

image représentant un arganier en référence à l'huile d'argan nigellya

 

 Huile d’argan Nigellya : Qu’est ce que c’est?

 L’huile d’Argan authentique nous a donné du fil a retordre ! Avant de commencer l’aventure Nigellya, tout ce que je savais sur l’huile d’Argan était une anecdote que mon père m’avait raconté : il semblerait que l’un de ses amis en voyage au Maroc, voulant faire un cadeau à sa femme était rentré avec un demi litre d’huile de tournesol! Ce fut le demi litre d’huile de friture le plus cher de toute sa vie.

   Mais comment proposer des produits naturels essentiellement d’Afrique et omettre la fameuse Huile d’Argan? Et pour en vendre comment être sûre d’avoir le VRAI Or Berbère?

  Décision prise : Cap sur le Maroc! Pays très riche et enrichissant où, finalement, nous trouverons plusieurs autres produits de qualité pour le bonheur de nos clients. Mais avant d’entamer ce voyage il m’est paru indispensable de me renseigner sur l’huile d’Argan. Hors de question pour nous de rentrer avec de l’huile pour friture!

  Bon voyons voir :  L’huile d’Argan, c’est quoi au juste? vierge, naturelle, première pression à froid, amandons non torréfiés, couleur jaune, odeur agréable ( pas d’odeur d’amandes grillées) et surtout il faut une quarantaine de kilos d’Argan pour produire un seul litre d’huile! Alors autant dire que les arnaques vont bon train! Vu comme ça, ce n’est pas si sorcier! Prochaine étape, la mise en pratique.

À la recherche de l’huile d’argan : 

  Nous avons pris la route depuis Marrakech, direction Essaouira, une des seules régions au monde ou pousse le fameux Arganier. La route depuis Marrakech est longue et faite que de nationales. Dépaysement garanti! et là à quelques dizaines de kilomètres de la ville d’Essaouira, se tenaient les tous premiers Arganiers… Des dizaines d’hectares suivront. A peine arrivés dans les villages alentours que nous commençons à voir des panneaux des deux cotés de la route indiquant des coopératives féminines de production d’Huile d’Argan ainsi que ses dérivés. Coopératives, le mot sonne bon et va parfaitement avec notre éthique de travail :  encourager le travail artisanal et équitable. Nous décidons donc de rendre visite à la toute première coopérative dans la longue file qui suivra. Une dame nous accueille chaleureusement et nous propose de nous faire visiter les locaux. Sympa! je dégaine mon appareil photo et prépare mon cerveau à encaisser un max d’informations et à chercher à mettre en pratique tout ce que j’ai appris. Dans une grande salle au sol tapissé de tapis de laine ou de Halfa, une dizaine de femmes s’activent derrière des paniers pleins d’argan à le trier et casser pour obtenir l’amandon. Très atypique! passage à l’étape suivante et là petite déception : les amandons ne sont absolument pas pressés à la main contrairement à ce que l’on puisse imaginer. En effet, ils sont pressés à l’aide d’une machine afin d’en sortir un maximum. Seul hic :  la machine chauffe les graines.

  Fin du petit tour et passage à la caisse. Là nous expliquons à la dame que nous cherchons à prendre de l’huile d’Argan en gros. La dame nous tend alors une carte de visite et nous dit : » Tenez, le numéro de Mr X. Il vous expliquera les tarifs en gros. » Un homme qui gère une coopérative de femmes, ça sonnait faux et contraire au principe même de la coopérative féminine qui est basée sur le travail exclusif des femmes et le partage des bénéfices.  Verdict : notre huile d’argan ne viendra certainement pas d’ici!

  Les visites se succèdent et se ressemblent finissant presque toujours de la même façon : le numéro d’un homme qui gère le travail de toutes ces femmes. Deux rencontres sortirons cependant du lot : une dame qui était une des fondatrices de la première coopérative féminine d’huile d’argan. Saida nous invite gentiment dans son bureau et commence à nous parler des gloires passées de l’huile d’argan et du travail féminin racheté maintenant par des sociétés qui ont gardé la façade du travail équitable mais qui en vérité exploitent les femmes et par les agences de tourismes qui font des accord pour arrêter les bus de touristes dans certaines coopératives et pas d’autres tout simplement parce qu’elles ont payé plus.

  La deuxième rencontre était avec un homme! Au premier abord, j’étais dubitative. Peut être est parce que c’est un homme et pas une femme et que ça casse l’image que je me faisais de la production d’huile d’argan?

  Ce Mr nous a ouvert discrètement les portes de son arrière boutique et nous y a invité. Tradition Marocaine oblige : un thé à la menthe nous a été servi.  Ce Mr nous explique alors tout le processus de la production de l’huile d’argan. En effet, tout arganier est la propriété de l’état. Les paysans obtiennent tous les ans un droit de récolte et il faut beaucoup d’argan pour obtenir de l’huile. Le travail est pénible : après la récolte il y a le tri, le séchage et le cassage par deux fois des graines pour obtenir les précieux amandons d’où le prix assez élevé de l’huile. L‘huile d’argan de première qualité doit être cueillie à la main, les graines triées et pressées à froid. Certaines huiles d’argan ont une odeur désagréable  ou une couleur foncée. En effet, les arganons sont ramassés à même le sol après avoir été digérés par des chèvres utilisées pour la récolte ( zéro dépenses en main d’oeuvre ). Ceci donne une teinte forte et une odeur désagréable à l’huile. L’huile est ensuite parfois coupée avec d’autres huiles végétales ou même de la paraffine afin d’augmenter le profit.  Ensuite, il nous montre comment il presse son huile en suivant une méthode totalement artisanale. Il faut dire que son huile était de loin la meilleure qu’on aie vu jusqu’à là. Nous décidons donc de lui demander de nous presser notre huile d’argan tant recherchée après avoir pris soin de choisir les fruits.

  Vierge, naturelle, pressée à froid, non torréfiée, jaune claire à jaune, texture fluide, odeur agréable : c’est bon j’ai mon huile!

  Finalement, au bout de cette quête, nous avons fait de superbes découvertes mais aussi de très belles rencontres.

  PS : Hommage à toutes les marocaines qui travaillent dur pour subvenir aux besoins de leurs foyers et ceux de leurs familles.

 

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